Un public très nombreux s’est rendu le 28 février dernier à la réunion organisée conjointement par les mairies de Saint-Rémy-de-Provence et de Noves en soutien aux traditions taurines, suite à la condamnation de Jean Spalma et Enry Bernard, élus de la commune du Grau-du-Roi condamnés pour homicide involontaire après qu’un spectateur d’une bandido a trouvé la mort en 2006.
Le maire de Saint-Rémy Hervé Chérubini, qui accueillait la réunion à l’hôtel de ville, a pris la parole devant une salle de l’agriculture comble, et rappelé les faits du Grau-du-Roi. Jean Spalma et Enry Bernard ont fait appel de cette condamnation à trois mois de prison avec sursis, 3000 euros d’amende et au versement de 92 000 euros à la famille de la victime, au titre de préjudice moral. Le procès en appel est fixé au 14 avril 2011 ; s’il confirme la peine décidée par le tribunal correctionnel de Nîmes, les traditions taurines seront menacées car très peu de personnes seront prêtes à courir le risque d’un accident.
Le 23 décembre dernier, les élus du conseil municipal de Saint-Rémy-de-Provence ont voté une motion de soutien au député-maire du Grau-du-Roi, pour réaffirmer leur attachement aux traditions taurines. Saint-Rémy est en effet très concernée par cette condamnation : il s’y déroule chaque année cinq manifestations (Fête de la Trinité, Fête de la Galine, Fêtes du 14 juillet, Féria, Fêtes votives) qui totalisent 26 événements taurins, abrivados, bandidos, encierros, gaso, auxquels s’ajoutent 5 encierros d’hiver et une journée champêtre… sans parler des manifestations organisées aux arènes municipales. Cela représente en tout 13 jours de lâchers de taureaux.
En 1994, le maire de Saint-Rémy Serge Pampaloni, après la mort d’un spectateur lors d’une abrivado cornes nues, avait été condamné à 8000 F d’amende par le tribunal de Tarascon ; il n’avait pas fait appel mais avait finalement été amnistié en 1995 après l’élection présidentielle. Au cours de cette réunion, nombre d’élus sont intervenus et parmi eux Lucien Palix a fait part de sa double expérience, à la fois en tant que maire et en tant que personnalité très impliquée dans la vie taurine locale.
Afin de sécuriser davantage les manifestations et de donner plus de poids à leur détermination, les nombreux maires et élus présents à la réunion (venus de Noves, Graveson, Eygalières, Boulbon…) se sont accordés sur la nécessité de remettre à plat les réglementations dans ce domaine :
- par l’uniformité des arrêtés dans toutes les communes concernées ; ceux-ci sont actuellement trop différents d’une commune à l’autre ;
- en travaillant sur une charte qui régit les abrivados, et notamment en définissant clairement les différents types d’abrivados (courtes, longues…) et les aménagements que chacune nécessite (barriérage notamment) ;
- en revoyant la réglementation des concours d’attrapaïros ;
- en travaillant avec les services vétérinaires ;
- en revoyant le contrôle des licences des manadiers.
Pour mener à bien ce gros travail, les communes veulent créer une fédération des villes organisant des manifestations taurines sur la voie publique, structure qui pourra s’appuyer sur les conseils juridiques de l’Agence technique départementale 13 et d’avocats dans les situations qui l’exigent.
À l’issue de la réunion, un groupe de travail a été créé, qui comporte des élus, des représentants de clubs taurins ainsi que des manadiers, afin de faire avancer ce dossier. Un rendez-vous sera demandé avec le président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, afin de lui expliquer la situation et d’opérer un rapprochement avec l’Association des maires du Gard et de l’Hérault.
La prochaine réunion de la commission sur le sujet aura lieu à Eygalières à une date qui sera communiquée ultérieurement.