Les Antiques en DVD

Le DVD du film « Les Antiques, un voyage intime au cœur de monuments bimillénaires » est en vente au musée des Alpilles.
DVD-Antiques.jpgCe film de 26 minutes a été réalisé par la ville afin de garder la mémoire de l’exceptionnel chantier de restauration mené en 2007-2008. Projeté au musée des Alpilles puis au Ciné-Palace, il est désormais en vente à la boutique du musée des Alpilles au prix de 12 euros. Destiné aux passionnés comme aux amateurs, ce documentaire érudit et pédagogique dévoile les techniques de restauration utilisées. Il permet aussi une visite inédite de l’arc de triomphe et du mausolée des Jules, deux monuments bimillénaires aujourd’hui universellement connus sous le nom des « Antiques ».

Musée des Alpilles : 04 90 92 68 24

L'arc de triomphe dévoilé

Fin janvier 2008, les échafaudages de l'arc de triomphe ont été démontés, révélant un monument qui a retrouvé sa splendeur et dévoile des détails auparavant cachés sous les lichens. Le mausolée de Jules sera terminé au printemps.
L’intervention sur l’arc de triomphe terminée, les échafaudages ont été démontés. La restauration portait notamment sur les parements : les maçonneries de la couverture en pierre ont été reprises et une couvertine en plomb a été installée en complément. Tous les détails architecturaux et sculptés de l’arc de triomphe peuvent à nouveau être contemplés.
Quant au mausolée, il doit encore bénéficier de derniers soins, du remplacement des statues et de la remise en place de la coupole.

Les statues du mausolée
La dépose des statues du mausolée, le 10 octobre 2007, avait révélé une usure considérable de celles-ci, confirmant le caractère impératif et urgent de la restauration : en l’état les statues mettaient en danger l’intégrité du monument. Après expertise, la solution la plus raisonnable consistait à les conserver en l'état au musée des Alpilles ; elles auraient en effet mal supporté un retour dans le mausolée avec les agressions extérieures dont elles continueraient de faire l’objet. Des moulages en pierre reconstituée, en cours de fabrication, seront installées in situ sous la coupole fin mars.

Restauration douce
L’objectif de la restauration n’est pas de redonner aux monuments une forme identique à l’origine, mais de permettre leur conservation en l’état. C’est donc le choix d’une restauration douce qui a été fait. Le chantier (voir journal n°6, p. 10).
Débarrassés des éléments pathogènes mais pas de leur caractère (la patine orange, qui est en fait la trace minéralisée des résidus organiques, a été conservée), les Antiques ont retrouvé leur splendeur et peuvent affronter plus sereinement les prochaines années.
« Après cette remise à niveau, il sera indispensable d’effectuer un entretien régulier des monuments pour éviter de nouvelles restaurations plus coûteuses » explique François Botton, architecte en chef des monuments historiques.

Dans cet objectif, la ville réfléchit à la mise en place d’une cellule de veille permanente.

Restauration des Antiques


Le 10 octobre 2007, les deux statues du mausolée ont été déposées afin d'expertiser leur état. Les sculptures ont été emmaillotées pour les déplacer en toute sécurité. Cette opération très délicate a été menée avec succès.

La vidéo de la dépose de la première statue :



La vidéo de la dépose de la deuxième statue :

Le diagnostic

L’arc de triomphe, le mausolée de Jules et le mur de Marius font actuellement l'objet d'un programme de restauration, dans le cadre du Plan patrimoine antique Etat-région. Ce programme est placé sous la direction de François Botton, architecte en chef des monuments historiques. Pendant dix mois, ces chefs-d’œuvre de l’art antique bénéficieront des dernières avancées en matière de conservation.
Une dégradation permanente
En 2002, des études préalables avaient mis en évidence des dégâts dus au vieillissement naturel des monuments et aux restaurations précédentes, pas toujours adaptées à la pierre tendre de Saint-Rémy. Un examen plus récent a révélé qu’en moins de quatre ans, de nouvelles fissures étaient apparues.
D’autre part, la patine qui confère aux édifices leur couleur si pittoresque est composée pour partie de lichens et d’autres organismes vivants. Le métabolisme de ceux-ci génère des acides et leurs racines pénètrent dans la pierre, très tendre, contribuant également à sa dégradation.

Une restauration complexe… mais douce
Sur l’arc de triomphe, la restauration porte sur les parements. Les maçonneries de la couverture en pierre, après dépose de celle-ci, seront également reprises et une couvertine en plomb sera installée en complément.
Les travaux consisteront également à rechausser le mur de Marius, éventré par des arbres.

 

Dans une deuxième tranche, le mausolée de Jules bénéficiera de travaux de maçonnerie pour renforcer le couronnement après dépose de la calotte en pierre, ainsi que d’une restauration des parements, avec pose de couvertines sur les corniches comme sur les chapiteaux. Les sculptures figées, qui ont subi le plus de dégradations, seront déposées pour restauration en atelier.

La consolidation des parements redonnera de la cohésion en surface avec un procédé doux de technologie nouvelle, la bio-minéralisation, générée par des organismes vivants selon un processus naturel, identique à celui qui crée la pierre (cf. coquillages). Utilisant la même nature physico-chimique que celle-ci, cette technique permet la restauration douce des édifices.

Souci de conservation
A l’échelle d’une vie humaine, les Antiques semblent éternels. Les effets destructeurs du temps sont pourtant plus rapides qu’on ne le croit, et sans les restaurations déjà effectuées au cours des siècles derniers, les monuments seraient probablement dans un piètre état.
« Privilégier l’aspect pittoresque et ne rien faire », explique François Botton, « c’est accepter que le monument meure et disparaisse. »

Cette vaste campagne de restauration est inscrite dans le Plan patrimoine antique État-région.

Les entreprises et les méthodes de restauration

Trois formes d’intervention sont en cours pour la restauration des Antiques, chacune ayant été confiée dans le cadre de la procédure d’appel d’offre légale, à des entreprises et équipes de professionnels hautement qualifiés dans le domaine des monuments historiques.
Analyses de laboratoires : LEM Laboratoires SAS
Le LEM est un laboratoire spécialisé auquel a été confié la réalisation d’un suivi technique tout au long du chantier. Son intervention vient compléter les diagnostics réalisés lors des études préalables : il vérifie que les procédures adoptées par les entreprises exécutantes sont conformes au cahier des charges.
Les experts du LEM sont dotés de références importantes dans le champ de la conservation de la pierre, dont le Pont du Gard, l’aqueduc romain d’Ars-sur-Moselle, Notre-Dame de Paris, la cathédrale d’Amiens, etc.

Restauration de parements de pierre et installation de chantier :
l’entreprise Girard

L'entreprise Girard intervient pour l'établissement des installations de chantier, pour la restauration de parements de pierre, à l'exclusion de la sculpture, la reprise de la mise hors d'eau de la couverture en pierre de l'arc de triomphe et la consolidation du mur de Marius.
L’entreprise Girard, spécialiste de la pierre, de la maçonnerie et de la charpente, est reconnue pour sa maîtrise des techniques anciennes et a développé une expertise spécifique dans le domaine de la conservation et de la restauration de monuments historiques.
A Saint-Rémy, l’entreprise Girard est intervenue sur la restauration de la façade de la mairie ainsi que sur la réhabilitation du musée des Alpilles.
Cette entreprise est dotée de très nombreuses références remarquables, parmi lesquelles :
  • le remontage des colonnes du mur de scène du Théâtre antique d’Orange,
  • la reprise des parements, gradins et porticus du Théâtre antique de Vaison-la-Romaine,
  • la restauration des anciens hospices de la Charité à Marseille,
  • le confortement et la mise en sécurité des dômes, clochetons et du dôme du clocher de la Basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger.

Restauration de sculptures : l’atelier Morisse-Marini
L'atelier intervient pour la mise en œuvre de l'ensemble des protocoles de conservation des parements antiques, et en particulier la sculpture :
  • neutralisation des lichens,
  • allègement des encrassements par un nettoyage très fin des parements, afin d'éliminer les résidus provenant des lichens, mais aussi la peinture des graffitis dont le mausolée a été victime.
  • consolidation sélective des parties fragilisées.

L'ensemble de ces prestations sera suivie par le laboratoire.

Les membres de l’atelier Morisse-Marini ont été formés au plus haut niveau à l’étude pétrographique appliquée à la conservation ainsi qu’à l’étude des techniques de restauration. Parmi les restaurations de monuments historiques qui leur ont été confiées, citons :

  • la restauration de la voûte du chœur de l’église Saint-Marcel à Sisteron
  • la restauration de décorations sur la voûte de pièces de l’abbaye de Boscodon
  • la restauration de la fontaine antique du site archéologique d’Argentomagus à Saint-Marcel (Indres).

Voir la présentation des techniques de restauration par l'atelier Morisse-Marini.

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